Amies – Ennemies, le temps nous a désunies – Nadiya, philosophe et rappeuse

 

En ce matin du 16 septembre 2017, je me suis réveillée relativement tard. Il était sous les coups de neuf heures et quart, je crois. Par – mauvaise – habitude, j’ai regardé mon téléphone et j’ai vu que j’avais deux messages Messenger.

messenger

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Le premier était la fin de ma conversation d’hier avec une amie sur son orientation professionnelle et elle avait dû s’endormir avant la fin de notre conversation.

Le second m’a un peu scotchée, surtout de bon matin : c’était un message banal d’une ancienne amie avec laquelle j’avais coupé les ponts il y a plus d’un an car j’étais lassée d’être la seule à entretenir ce qui restait de notre « amitié ». Agacée, j’avais laissé tomber et elle n’en avait pas été plus concernée que cela – de ce que j’en voyais en tout cas. J’avoue que sur le coup je ne savais pas trop quoi en faire. Je l’avais lu, elle devait le voir. Mais je ne savais pas quoi répondre – et même au début, si j’avais quelque chose à répondre. Un message style « Coucou, ça va ? Je viens aux nouvelles », j’étais perplexe. J’ai finalement opté pour une réponse assez simple mais assez froide. Ma froideur venait principalement du fait que je ne savais ab-so-lu-ment pas ce qu’elle me voulait. Elle a bien dû le sentir car au bout de quelques messages, elle a dit : « Si tu veux pas faire d’efforts, je vais pas me prendre la tête ». Lire ça, à dix heures du matin un samedi après une semaine de merde, ce n’est pas forcément très agréable. J’ai relu le message. Je me suis un peu emportée – gentiment comparativement à ce que j’ai pu faire à d’autres. Au fil des messages, nous avons presque retrouvé un semblant de complicité. Finalement, je pense que je reprendrai de ses nouvelles mais je ne suis pas prête à me réinvestir avec cette personne – j’y vais avec des pincettes.

Je sais qu’un de mes problèmes majeurs dans ma relation aux autres est que je m’investis toujours beaucoup plus que la personne en face et ce pour tout type de relation. Si j’arrive à le contenir – ou je me persuade que j’arrive à le contenir – dans mes relation aux hommes, je ne sais pas du tout le faire quand il s’agit de mes relations d’amitiés. Je ne sais pas cacher. Et au bout d’un moment ça explose. Surtout que je suis plutôt possessive de base, ce qui fait tout sauf aider.

J’ai perdu ma meilleure amie – enfin maintenant mon ancienne meilleure amie – à cause de cela. Quand je suis partie en Angleterre pendant dix mois, elle s’est trouvé un copain. Elle m’avait prévenue, j’avais suivi une bonne partie du truc à distance, même si, en tout cas à cette époque, elle se confiait déjà peu. Bon elle s’est trouvé un copain, c’était cool pour elle. Elle avait dit que ça ne changerait rien entre nous et faisaient foi nos promesses du collège et du lycée de ne jamais laisser les « garçons » (termes de l’époque) se mettre entre nous. Je sais que c’était des promesse d’adolescentes et que, à vingt-trois ans, j’aurais dû me douter qu’elles étaient périmées depuis bien des lunes. Mais pour moi, elles étaient la preuve que notre amitié transcenderait le temps. Mais j’avais tout faux. Qu’elle soit plus occupée avec son copain qu’elle ne l’était avec moi, je le lui accorde et ce n’est que normal – je ne lui en veux pas pour ça. Ce pourquoi je lui en veux c’est que, au fur et à mesure que leur relation évoluait, elle m’a – et ce de façon systématique – fait passer au second plan. Au début, j’ai laissé passer : une nouvelle relation à entretenir, ça requiert du temps. J’avais même pris l’initiative au début de me dire ça et de moins en demander d’elle. Puis, toujours quand j’étais en Angleterre, elle s’est mise à annuler des sessions Skype parce qu’elle devait appeler son copain – et ce plusieurs fois ! Je crois que le pire qu’elle m’ait fait c’est une Skype avec elle et son copain, sans me prévenir. Gros lol.

Quand je suis rentrée en France, au début, elle prenait le temps pour moi. L’Angleterre m’avait aidé à voir qui était important pour moi et pour qui moi j’étais importante. Et j’ai mené ma petite expérience à mon retour en France. Les quelques fois où on s’est vues pendant le temps qui a suivi mon retour, j’ai remarqué que c’était toujours moi qui prenait l’initiative de nos rencontres. Sans compter les quelques unes qu’elle a annulé à la dernière minute pour voir ou appeler son copain. J’ai fini par lui faire part de mon ressenti face à ce qu’elle faisait et j’ai toujours eu le même refrain : mais tu verras quand tu seras amoureuse, tu seras pareil…; tu comprends, je veux le voir le plus possible. Du vent.

La dernière fois que je l’ai vu c’était en Septembre 2014. On – enfin moi – avait prévu de se voir vers Novembre si mes souvenirs sont bons mais elle a annulé. Je me souviens que ce soir là j’ai beaucoup pleuré. Et je crois que c’est vers ce moment là que j’ai commencé à me dire que ce n’était pas normal. Elle m’a envoyé un message pour Noël auquel j’avais répondu le plus sobrement possible. C’est à ce moment là – début 2015 – que je me suis rapprochée de celle qui deviendra ma meilleure amie. Et le jour de mon anniversaire, mon ancienne amie m’a envoyé : « Bon anniversaire. Même si tu veux pas me voir, je pense à toi ». J’ai pleuré. Ma meilleure amie était là. Dans les quelques jours qui ont suivis, j’ai essayé de lui faire comprendre mais elle ne m’a pas écoutée et est restée campée sur ses positions.

Et à partir de là, j’ai coupé les ponts – pas encore totalement. Je lui avais envoyé un message pour son anniversaire. Message auquel elle n’a jamais répondu. Je l’avais appelé une fois en Juin parce que j’allais passer le CAPES et que je stressais ma race. On avait bien parlé. Mais la conversation avait été interrompue par… son copain, bien sûr. De là, j’ai dû essayer de l’appeler une ou deux fois mais elle n’a jamais pris la peine ne serait-ce que de savoir ce qui n’allais pas ou juste pourquoi je l’appelais.

Cela fait trois ans que je n’ai pas de nouvelles.

Et parler à cette amie ce matin, cette amie qu’on avait en commun toutes les deux, j’ai eu un peu des nouvelles d’elle mais je me suis assez vite rendue compte que je n’en avais pas grand chose à faire. Mais cette amie de ce matin, elle souffre du manque d’intérêt de l’autre envers elle. Tout ce que j’ai pu faire c’est lui conseiller de lui en parler. Peut-être qu’elle saura entendre, cette fois. Et cela ne sert à rien de souffrir pour des personnes qui ne comptent pas.

Je sais que j’ai mis du temps à m’en remettre. Un an pour digérer tout ce qui s’était passé. Une autre année pour engranger qu’elle était bien sortie de ma vie. Une année de plus pour que je puisse en parler sans être agacée au possible ou sans en pleurer trop. J’avoue que j’ai un peu pleuré ce matin. Un peu. Cela ne m’a pas mis dans des états pas possible comme c’était le cas il a encore un an.

Il est vrai qu’il est dur de se reconstruire après ça. Après mon retour d’Angleterre, j’étais très sensible et j’avais peur de me faire des nouvelles amies. Pourtant j’arrivais dans un master où je ne connaissais presque personne et j’allais devoir me faire des connaissances. Mais j’ai réussi à trouver des gens qui, maintenant, avec beaucoup de temps, comptent énormément pour moi et pour qui je pense ou je sais compter.

Mais les blessures sont encore là. Comme toutes les blessures mentales, elles sont là mais sans l’être. L’an dernier, lorsque ma meilleure amie a eu un nouveau copain, j’ai pleuré. Je me souviens de son regard médusé de voir que ça me mettait dans cet état. Et tout ce que je lui ai demandé alors qu’elle essayait de me calmer c’est « Tu vas pas me laisser, hein ? » Et la suite a prouvé que non. Elle a toujours pris du temps pour me voir.

Comme quoi je n’étais pas la seule en tort.

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