Images personnelles

Je prends enfin mon ordi. En rentrant de ma journée plutôt épuisante, je me suis dit que j’avais envie de la coucher sur le « papier » ou ce qui me sert désormais de papier. Je sais que je ne veux pas l’oublier même si je sais que je ne risque pas de l’oublier de sitôt.

La journée avait pourtant bien commencé – elle continuera bien malgré des aléas relativement prévisible. On me dira, je le sais, quand je vais raconter cela à des amis ou à ma famille, que je n’aurais pas dû. On me dira qu’avec tous ce que l’on voit à la télé, j’aurais dû faire attention à moi et ne pas me mettre dans cette situation. Je ne suis pas vraiment sûre de la véracité de la chose mais bon.

Aujourd’hui, je devais voir une amie en centre ville. Premier aléa, il pleut. Premier aléa vite oublié, on se retouve, on marche et on se trempe mais au moins, on se voit. On a mangé des pizzas de oufissime et franchement on papotait bien et on aurait pu croire à une journée classique. Sauf que nous sommes samedi. Le cinquième samedi d’un climat tendu en France. Je le sais même si je ne suis pas les affaires des GJ (vous saurez de quoi je parle). Je ne soutiens pas et je ne condamne pas nous plus. Je suis la Suisse : neutre.

On continue notre journée dans à flaner dans les rues, entre deux averses. On finit dans une maison de la presse et d’un coup, j’entends une des employée qui dit « et allez, ça recommence ». Le rideau tombe, je n’ai que le temps de voir les manifestants et l’enfermement. Sur le moment, je me suis dit : « ça va pas durer longtemps ». Au début, c’était bizarre, comme pas normal de voir la manifestations depuis le confinement de la maison de la presse puis quand on voit ce qui s’y déroule, on se dit que l’on est pas plus mal à l’intérieur finalement. Et alors que j’observais la manifestations et les manifestants, j’ai voulu sortir pour leur demander ce qu’ils voulaient. Pourquoi sont-ils là ? Mais ils n’en a rien été. Je suis restée dans la maison de la presse avec mon amie jusque vers la fin des manifestations – de 14h45 à 16h. Et c’était marrant de voir que dehors, finalement, la vie recommençait. Les employés de la maison de la presse était sympa et les clientes aussi. J’ai acheté des Dragibus et j’en ai distribué à raison de un à chacun. Je sais que ça peut paraitre bizarre mais je pense qu’une partie de moi se disait qu’il fallait fare quelque chose. Je ne tape pas sur la police ou les manifestants, ce n’est pas mon genre. Mais si je suis restée dans la maison de la presse c’est que je ne me sentais pas complètement en sécurité dehors. Je suis désolée mais quand on voit des gens brûler un drapeau français, je ne pense pas que le temps soit à la discussion …

Nous avons donc fini par sortir, mon amie et moi, par la porte de derrière. Nous avons continué à faire les boutiques, les rues contellées de GJ. L’ambiance était spéciale. Comme si… un peu comme à un enterrement. On parle pas mais on sait pourquoi on ressent ça. Je n’ai rien dit, j’ai continué ma vie. Une fois à la FNAC – oui, un 15 décembre, oui, je suis folle – on passe en caisse puis on commence à se diriger vers la sortie. Sortie bloquée. J’ai râlé. Dieu sait que je n’aime pas râler. Mais j’estimais avoir une raison légitime. Je venais de me taper trois heures debout, sans répis, et mon dos criait au secours. Les gens m’ont regardé bizarrement. Heureusement, la FNAC est plus réactive et nous a directement fait passer par une sortie annexe et nous avons réussi à fuir assez vite.

Toujours sous la pluie, nous avons bu un verre puis un peu de boutique encore et un retour bien mérité chacune chez soi.

J’avoue que quand je suis revenue, je me suis directement allongée dans mon lit pour engranger la journée, mais aussi pour me reposer. Je suis restée allongée à regarder des vidéos sur YouTube pendant environs deux heures avant de me motiver à écrire cet article parce que j’en avais vraiment envie. Vraiment

Je sais qu’il est candide. Je n’ai jamais fait ou vu de manifestations en vrai et j’ai été assez étonné de la violence et du climat en général – avant, pendant ou après. Je sais que ça m’a donné envie d’aller – peut-être – à une prochaine manifestation s’il y en a une pas du tout en tant que participante mais en tant que spéctatrice. Je sais maintenant que cela peut être dangereux. Donc je reste prudente et c’est juste une réflexion.

En tout cas pluie + blocage = fatigue. Je vais me coucher.

Un bon dimanche à tous !

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