Il a été là

Bon, nous sommes la veille de la publication, je ne sais toujours pas si je vais vraiment le publier. Si, allez, je le publie. Au pire, je le mettrais en privé après.

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Image : Photo by Marion Michele on Unsplash

 

Je viens de relire cet article et j’ai vu que j’avais commencé à en parler dedans. Et je veux faire cet article. Je le veux, je sais que je vais en avoir besoin. Je sais que, comme je le dis dans mon autre article, je ne devrais pas en avoir besoin, mais j’en ai besoin. Je pense que j’en aurais besoin. Je ne sais pas de quoi demain sera fait donc je ne peux pas l’affirmer. Mais je ne fais pas de l’introspection pour rien et je commence à me connaître plutôt bien. A l’heure et au jour où j’écris ces lignes (08/06/2019, 23h18), mon plan cul est encore pas loin, il n’est pas encore parti. Mais il partira. Et cet article viendra sans doute bien après qu’il soit parti. Le temps que je… digère ? Je ne sais pas trop comment définir.

Voilà ce que je pense aujourd’hui : je sais que ça va me faire bizarre. Je me raisonne en me disant que cela ne va pas me toucher tant que cela. Je vais juste avoir l’impression de perdre un pote. Parce qu’à force d’en apprendre de plus en plus sur lui, oui, une partie de moi s’est attachée à lui et à sa personne, dans un sens « amical », je dirais. Disons que ce n’est pas comme mes autres plans culs, parce qu’avec les autres, soit j’étais tombée amoureuse ou presque, soit j’étais distante et je ne m’étais pas attachée du tout. Là, c’était un peu au milieu. Je ne sais pas et je pense que je ne saurais jamais ce que c’était au juste – moi j’aime les étiquettes, même si je sais que tout n’est pas catégorisable. Ce qui me fait peur aujourd’hui ? C’est de devoir tout recommencer avec un autre. Recommencer depuis le début. Se connaître. S’apprivoiser. Se mettre des « règles ». Se connaître ensuite dans l’intimité. Commencer à discuter, passer du temps ensemble hors du sexe même si c’est le principal moteur de la relation. Je pense que je ne supporterai plus une relation uniquement basée sur le sexe et uniquement cela. Mais je ne sais pas, peut-être que je ne veux plus trop me prendre la tête. Ou alors… C’est ça qui me fait peur. Pendant trois ans, j’avais ce filet de sécurité de me dire que j’avais du sexe pas loin (vraiment pas loin) et le perdre me fait me dire que je n’ai plus de filet. Que je n’ai plus personne avec qui partager mon intimité (cette intimité là) et ça me fait flipper de me dire que peut-être que personne d’autre ne le voudra. Comment se prendre la tête alors que les événements ne sont pas encore arrivés…

 

Je lui ai fait une confiance aveugle quand j’aurais du me poser tout un tas de question. Il avait cet effet sur moi, il me faisait facilement oublier tout ce qui tournait en boucle dans ma tête. Tout ce qui tournait en permanence. Tout ce que je pouvais ressasser. Il avait une sorte d’effet cathartique de mes pensées noires. Je pense que c’était parce que j’ai rarement vu quelqu’un qui se prenait aussi peu la tête que lui. Il avait un effet rassurant sur moi. De par sa prévenance, sa proximité, son humour. Non, je ne suis toujours pas amoureuse de lui. Non, ce n’est pas une ode. Non, personne ne lira ce texte sinon moi et ceux que j’autoriserai – c’est à dire personne.

 

Et le 01 Août 2019, j’ai appris qu’il partait. « Tu pars? » « Ouep ». En deux messages, un poids s’enlève et un nouveau arrive. Celui de me dire qu’il part. Puis ce poids s’envole. N’est-ce pas ce que j’attendais depuis longtemps ? Me dire qu’il part ? Me dire que je vais moi pouvoir passer à autre chose ? D’un coup, je ne sais plus. Je ne pleure pas, mais je savais que si je pleure, je ne pleurerais pas de suite. Je ne sais même pas si je vais pleurer. Mérite-t-il que je le pleure ? Que dit mon cœur ? Que dit ma raison ? Je n’entends plus rien.

Ce 01 Août 2019, je l’ai vu, il est venu chez moi. On s’est bien chauffé et ça a été libérateur que de le sentir en moi. Libérateur et très plaisant, comme toujours. Je lui ai demandé si c’était la dernière. Je préférerais qu’il me le dise mais il ne le pouvait pas. Il ne le savait pas. Ou ne voulait-il pas me le dire ? Je ne sais pas. Alors, dans un mécanisme de protection, je me suis mis dans la tête que c’était la dernière fois, quitte à être surprise dans le mois qui lui reste ici. C’est plus simple de croire que je ne le reverrais pas.

 

Pourtant, trois jours plus tard, le 04 août, je l’ai contacté pour savoir si ça le tentait qu’on se voit. Et l’on s’est vu. Parce qu’il en avait envie et moi aussi. ET parce que je voulais le sentir en moi.

 

Quatre jours après cela, sans faire exprès, sans que ce soit prévu, j’ai vu sa voiture sur le parking de la résidence. Il était là. Il était dans l’immeuble. Et j’ai compris quelque chose. Alors que j’étais rentrée chez moi en pensant qu’il n’était pas là, pas une seconde l’idée d’avoir un rapport ne m’avait effleuré l’esprit. Et là, il était là, il était pas loin et de suite, je me suis mise à avoir envie. Intriguée, j’ai réfléchis. Non, je n’avais pas envie, en fait. Je n’avais pas pensé au sexe depuis… au moins quatre jours. Je n’avais pas eu envie de sexe depuis la dernière fois que je l’avais vu. Et là, j’en avais envie, juste parce que je savais qu’il était là. Non, je voulais en profiter. En profiter pendant que je le pouvais encore. Mais je n’ai rien fait. Parce que ce 04 août, trois jours après que je me sois dit que c’était la dernière, je me suis dit que je ne le recontacterai pas. Je sais qu’il est fort probable que je ne tienne pas.

Il me doit des bières. Il a promis.

Je peux me dire tout ce que je veux, je ne le connais pas tant que ça au final. Je ne sais pas ce qui se passe dans sa tête. Va-t-il partir et ne pas honorer sa promesse ? Il serait bien capable de le faire. Je le connais juste assez pour pouvoir dire cela avec certitude, oui il en serait capable. Oui, il se fout de mes catégories. Parce que qui je suis au fond, si ce n’est une meuf qu’il a tronché pendant quelques années parce qu’elle était trop désespérée, trop déprimée, trop peu confiante en elle pour partir de cette « relation » ? Je ne suis rien. Un passe temps. Une occupation. Quelque chose que l’on « fait » quand on s’ennuie ou quand il pleut. His words, not mine.

Mais il a promis. Tiendra-t-il sa promesse ? Je sens dans mon écriture qu’il n’est pas encore parti. Nous ne sommes que le 08 août. Mais pourquoi est-ce que ce serait à moi de faire tous les efforts, jusqu’à la fin ? Pourquoi est-ce que je lui faciliterai la tâche ? Pourquoi ? Parce que je suis plus « investie » que lui. Pas d’un point de vue sentimental – sauf si on compte mes « sentiments » amicaux – mais même juste le fait de vouloir se voir. Alors oui, quand il peut, il ne dit pas non. Mais quand il ne peut pas, c’est une autre paire de manche. Pourquoi est-ce que, pendant toute la durée de tout ce bazar, il a été là, mais de loin ? Comme un spectateur qui prenait part au spectacle de temps en temps ? « Hey, je rentre dans une heure, je passe te troncher quand j’arrive ? ». Bah oui, bien sûr. Et moi, j’ai joué la bouche trou de service, parce que j’étais tellement flattée que je n’ai pas une seule fois remis en question le fait qu’il décidait de toute la relation. C’était lui qui décidait quand on se voyait. C’était lui qui disait oui ou non. Pas au lit, là, c’était plutôt moi qui dictais ou plutôt qui refusais certaines pratiques et qui l’entraînais dans l’immense facilité pourtant aussi salvatrice que le reste.

 

Le 01 août, il m’a dit qu’il aurait voulu que je lui apprenne à parler pendant l’acte. Non, c’est faux, il disait ça pour booster mon ego, pour me faire croire que je pouvait lui apporter quelque chose de plus que juste la jouissance d’éjaculer dans une femme. Je sais qu’il ne le voulait pas. Sinon, il me l’aurait demandé. Comme il l’a fait pour la sodomie. Comme il l’a fait pour les doigts. Je sais qu’il l’aurait demandé alors pourquoi inventer cette histoire ?

 

Et malgré tout cela. Putain. Il va me manquer. (08 août 2019)

 

[13 août 2019]

Je ne sais pas pourquoi je fais cet article. Vais-je le publier ? En public, en privé ? Ou le laisser ad vitam dans mes brouillons et je vais l’ouvrir de temps en temps pour me rappeler… Je n’ai rien à me rappeler me crie ma raison. Mais mon sourire et mes pensées obscènes de plusieurs moments intimes avec lui me trahissent. Il a été là. Il a été là, sans trop le faire exprès, sans l’être vraiment. Il n’a pas été là pour moi, non. Mais il a été là. Je lui dois quelque chose même si je ne devrais pas lui devoir quoi que ce soit. Mais est-ce que j’ai envie de ranger cette « relation » dans une case plan cul ? Non pas vraiment. Dans une case relation, sans guillemets ? Non, alors là, non. Alors quoi ? Existe-t-il une case pour lui ? Je ne pense pas. Et tout ça, sans le faire exprès.

Je me rends compte que mon article est complexe. Il transmets beaucoup de ressenti différents. Le cheminement que j’ai depuis quelques … semaines ? Jours, plutôt. Enfin, non, mon cheminement a commencé il y a bien plus longtemps que cela. Il a commencé le jour où je l’ai rencontré. Le jour où il m’a dit que n’était ici que de passage. Qu’il allait partir bientôt. Bientôt. Seulement trois ans plus tard.

 

[17 août 2019] Je me rends compte que je n’ai jamais vraiment changé. J’attends son message, sans doute pour la dernière. Je vais parier sur… 21h, quelque chose comme ça. Je ne sais pas. Il m’a dit qu’il m’envoyait un message. Il me l’a dit. Bon, ok, je confesse, je l’ai vu il y a deux jours. J’en ai bien profité – lui aussi. Il enverra un message. Il ne va pas me faire ça. Enfin, je n’en sais rien. Bon, je ne pense pas que ressasser et me questionner va faire avancer les choses. Allez, je vais aller faire autre chose.

[18 août 2019, 00h35] Il est parti à l’instant. Adieu. C’est la dernière fois que je le voyais. Normalement. Mais c’est la vraie dernière fois. Pas celle du 01 Août ou je me suis forcée à me dire que c’était la dernière fois parce que je ne voulais pas avoir de mauvaise surprise. La dernière. Il a apporté la bière. Il avait promis. Il a tenu. Rien que pour cela, je ne peux pas lui en vouloir. Comme il l’a dit, il ne passera pas dans la catégorie des gros connards. Quand bien même, ma nomenclature n’est pas faite pour lui. Je pensais être triste. Je pensais pleurer. Je pensais ne pas supporter ce dernier rapport. Pourtant, je ne ressens pas grand chose. J’avais monté tout ce scénario dans ma tête, un scénario qui ne s’est pas avéré dans la réalité. Je n’ai pas envie de pleurer. J’ai juste envie… j’ai juste un sentiment d’un truc qui se termine mais en douceur, dans le respect et la bonne humeur même si c’est la fin de… quelque chose.

Je pense que je n’y crois pas. Je pense que je ne réalise pas, aussi. Pas encore complètement. Et quand ça va être le moment de la réalisation, j’appréhende un peu, même si je sais que l’issue sera dans tous les cas heureuse. Il n’y a pas de raison que mes pensées deviennent noires, pas sur ce sujet. Pourquoi le deviendraient-elles ? Il n’était somme toute qu’un passe-temps. Pour moi, non, il était plus, mais pas tellement plus que cela. Il était un plan cul amélioré, un poto. Quelqu’un qui m’a accompagné, sans le savoir, sans doute sans le vouloir. Il m’a donné plein de choses, sans le vouloir, sans y faire attention. Et pour cela, je lui en serai toujours reconnaissante.

 

[19 août 2019] C’est bizarre de se dire qu’il n’est plus là. Je n’ai pas pleuré. Il n’est plus là. Je ne sais pas si je vais le remplacer. En ai-je besoin ? Envie ? Je ne sais pas.

 

[27 août 2019] En arrivant, j’ai vu que son nom avait disparu de sa boîte aux lettres. Il s’efface, doucement mais sûrement. Mais son nom disparaissant de la boîte aux lettres voulait aussi dire que potentiellement, il était là. J’ai envoyé un message mais je ne pense pas qu’il me répondra. J’ai le droit de vouloir en profiter. Il a répondu, mais n’est pas là. Il n’a plus d’appart. Il est parti. « Je prendrais des nouvelles de temps en temps quand même ». Lol. Non. « Genre quand t’auras trente minutes quand tu reviendra voir ta sœur ». On est pas fait pour garder contact ou genre un délire de merde une fois tous les six mois, quand Mossieur s’emmerde. Je n’étais qu’une fille de passage dans sa vie, une passade, un passe temps, rien de plus. Alors pourquoi garder contact ? Pas vraiment de raison. Je ne pense pas que je serai du genre à lui demander comment il va. SI je ne peux pas me servir de lui, quel intérêt ?

Je pensais que le fait de ne plus voir son nom me dirait qu’il est vraiment parti mais cela ne suffit pas. Je ne sais pas, peut-être uniquement le temps qui fera son œuvre. Ou alors, j’ai eu le temps de me préparer alors ce n’est pas la même chose. Cela ne s’est pas terminé abruptement. Et surtout, j’ai pu choisir quand je terminais la chose, et je pense que cela m’a beaucoup aidé à accepter la fin de cette looooooongue page.

 

Il a été là. Il n’a pas toujours été là quand j’ai envie de lui mais il a été là. Et à jamais, il aura une petite place dans mon esprit. Parce que je lui dois de m’avoir fait prendre conscience de tellement de choses que je ne peux pas faire comme s’il n’avait pas existé.

 

Cet article, c’est le fruit de deux mois de suivi de mes « émotions », parce que j’en ai ressenti le besoin. Cet homme a été là dans ma vie, sans doute quand j’avais besoin d’un filet de sécurité, de savoir que si je voulais me vider la tête, de baiser, aussi. Et depuis, nous avons discuté trois fois par Whatsapp, juste des délires (sexuels, j’avoue), deux fois initiés par moi et une fois par lui. Je pense que cela n’ira jamais vraiment plus loin que ça. Comme je lui ai dit : si un jour tu passes par là, que t’as du temps à perdre, ma porte est toujours ouverte, comme mes jambes.

7 commentaires

  1. Ha oui, là il me semble bien que l’on puisse dire qu’il est question et »affaire » d’amour, d’amour et d’emprise…

    Les deux notions et objets, affaires, non intentionnelles s’entend…
    J’ai tellement de difficultés à »gérer » ces situations que je préfère ne pas avoir d’avis sur un tel maelstrom….
    L’histoire est très jolie, et charmante même,
    Elle donne à penser aux autres de Courtisanes qui dans cesse s’interrogent, c’est très joli comme histoire, et tendrement sensuel aussi, v entre les lignes et entre les mots, avec certaine élégance…

    Je dimensions que vous résidez dans un collectif, il faut envisager exclure ce beau personnelle du projet….🤭 Il est trop mignon çuila et il pourrait prendre une balle perdue…..
    Arf!🤭♥️🤗

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