Libérée, délivrée

Au bureau, fin 2019, début 2020, c’était pas la joie. Les prises de bec avec systématiquement la même personne se sont multipliées (elle s’est pris la tête avec presque tout le monde dans le bureau, c’est dire) mais bien évidemment, ce n’était jamais sa faute. Pour ma part, je me suis pris la tête avec elle dans le bureau, c’est vrai, je me suis excusée, elle n’a rien voulu entendre. Le pire, c’est quand un matin, quand je suis arrivée pour lui dire bonjour, elle m’a même pas regardée et elle m’a répondu : « Tu sais quoi, j’ai même pas envie ». Depuis ce jour, je ne lui disais donc plus bonjour et je m’en suis tenue au strict minimum dans mes échanges avec elle. En gros, si elle me parlait, je lui répondais par oui ou par non, pas plus, pas moins.

Mais je pensais que j’étais la seule avec un collègue que j’aime bien et avec qui je bois le café de temps en temps à ne pas l’aimer. Puis vers la fin 2019, les langues ont commencé à se délier. Elle s’est pris la tête avec une collègue à qui j’ai parlé longuement de tout ça et qui, à partir de là, a compris qu’elle avait une alliée en moi (comme si ce n’était pas connu dans le bureau que je n’aimais pas la dite meuf) et j’ai constaté avec plaisir qu’elle m’en a ensuite parlé spontanément et que, apparemment, ça lui faisait du bien. Mais pour les autres… Je n’en savais rien et je ne me voyais pas aller leur demander « au fait t’en penses quoi de cette … personne ? ».

Un matin, je suis allée fumer et j’ai croisé une collègue et donc on discutaille tranquillement et je lui demande comment ça se passe avec les gens qu’elle forme. Elle me dit « apparemment, c’est à moi de le faire, on me les a envoyé ». Le « on » représentait la meuf. Et juste au ton, j’ai compris qu’elle ne la portait pas dans son cœur. Alors que ça ne se voyait pas. Je pense que c’était voulu, parce que quand on est gentil, on veut pas heurter les gens.

Elle partait fin janvier. Et un peu avant son départ, je suis exceptionnellement allée à un after work et là, j’ai appris que tout le monde du bureau ou presque ne pouvaient pas la saquer, en fait. Et vraiment, ça m’a rassurée. Je me suis dit « je ne suis pas seule ». Je me suis sentie comprise.

Il se passe deux jours entre cet after work et puis je me retrouve seule avec cette collègue et une autre collègue (celle qui s’était confiée) dans le bureau, au moment de la pause de midi. Bon, ok. Tension dans le bureau, une tension qui n’est pas nouvelle. Et là, la collègue problématique sort « C’est vraiment dommage que ça ait tourné comme ça dans ce bureau ». Je sentais la merde, vraiment. Donc, j’ai préféré ne pas répondre. Mon autre collègue « tombe dans le panneau » et lui demande de quoi elle parle. Elle répond et ensuite elle ajoute, histoire de bien faire comprendre « Ouais quand je suis arrivée,  Céline, elle était toujours toute seule, je l’ai aidé et elle me l’a mise à l’envers après » (je ne sais toujours PAS de quoi elle parle vraiment). Je rappelle que j’étais là. Et elle a démoli ma collègue pendant facilement quinze minutes, lui parlant de trucs qui se sont passé il y a des mois, l’insultant de choses mais affreuses. Elle n’a cependant pas oublié que j’étais là partir du moment où elle m’a vue et elle m’a invectivée à plusieurs reprise à coup de « Toi, j’en ai pas fini avec toi ! » et autres « toi, je vais en venir à toi ». Elle m’a aussi traitée de lâche parce que je n’ai pas daigné la regarder. Mais si je ne la regarde pas, c’est parce qu’elle ne m’intéresse pas et que son avis n’est pas utile .

In fine, un collègue est arrivé dans le bureau et la « discussion » stoppe. La seule chose que j’ai faite sous conseil d’un collègue, c’est un mail à ma chef pour expliquer ce qui s’est passé. Elle a dit qu’elle allait faire le nécessaire, je ne sais pas ce que ça veut dire. Et j’en ai parlé avec les autres collègues puisque je savais ce qui s’était passé et je savais ce que tout le monde pensait de sa personne.

Bref la dernière semaine, il ne lui restait que trois jours. Mais elle avait clairement fait comprendre qu’elle avait des comptes à rendre et cela m’angoissait d’avoir à faire face à cela. Mais finalement, j’ai eu l’information par ma chef qu’elle n’allait rien faire. Mais j’avoue que je n’étais pas forcément soulagée de savoir ça parce que je savais qu’elle était capable de s’en foutre des avertissements de ma chef.

Au final, il ne s’est rien passé. Je suis la seule qui ne lui a pas dit au revoir. Je n’avais pas envie de lui souhaiter une bonne continuation. Parce que, et ce pour une des premières fois de ma vie, je n’avais plus une once de gentillesse envers la personne. Je n’ai pas envie de la voir réussir ou quoi parce qu’à mes yeux, elle ne le mérite pas.

5 commentaires

  1. Ah, c’est bon quand les langues se délient. Moi j’en ai eu une insupportable, aussi, l’an dernier, et personne, dans le bureau ne s’avisait de la critiquer, malgré ses outrances permanentes, critiques de tous ceux avec qui elle travaillait. Une vraie terreur. Ça me rendait folle que tout le monde, dans ce bureau fasse comme si de rien n’était (ou avoue, en murmurant qu’il/elle s’était habitué.e à ce comportement, et que tout était normal, acceptable).

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