Être multitâche ?

the-creative-exchange-seVlPnz909M-unsplash

Image Photo by The Creative Exchange on Unsplash

Apparemment, maintenant, que tu veux être bien vu(e) en entreprise, il faut que tu sois multitâche ou des fois, on dit polyvalent, ça fait mieux. Mais en fait, en réfléchissant, je me suis rendue compte que cela ne signifiait pas grand-chose. Ou plutôt, cela signifiait trop de choses.

Etre multitâche c’est …

… être un peu la boniche : Savoir tout faire, c’est bien mais ça veut dire que quand machin est en vacances, y a que toi qui peut reprendre. Et que tu dois l’ajouter à ta liste qui t’oblige déjà à être multitâche.

… savoir tout faire et bien : savoir tout faire, c’est bien, savoir tout faire bien, c’est mieux. Sauf que ce n’est pas facile. Parce quand tu as trois tâches à faire pour qu’elles soient faites bien, il faut que tu sois concentré sur plusieurs choses en même temps, sauf que le cerveau, il suit pas trop ce genre de démarche. Je ne dis pas que c’est impossible mais je pense que c’est compliqué et ça demande beaucoup d’entraînement que de pouvoir se concentrer sur deux choses en même temps – personnellement, je n’y arrive toujours pas.

… pouvoir être la personne à qui on refile des trucs nuls : dans mon travail, je forme des gens. Sauf que quand je forme, j’ai parfois ma chef qui m’envoie des mails pour me demander des trucs et j’ai envie de lui dire « mais nan mais laisse moi le temps de former, je croyais que c’était plus important ». Je ne dis rien, parce que je suis gentille. Mais à force on me refile pas mal de trucs moisi.

… la pression : parce qu’à mon sens, dans le privé, la pression elle est toujours là quelque part, surtout quand t’es en bas de l’échelle. Et quand on te demande d’être multitâche et que t’y arrive, on ne te fait plus jongler avec deux mais trois oranges puis on t’en rajoute de plus en plus.

… ne plus avoir le temps : c’est toujours avoir quelque chose à faire et ne plus prendre le temps de ne rien faire. Je sais que quand on bosse dans un bureau ou n’importe où, on est censé toujours faire quelque chose, pourtant j’arrive peu à avoir ce répit. En fin d’année, c’est un  peu plus simple, mais en général, c’est assez compliqué. Je ne dis pas que je veux ne rien faire, mais un peu de répit de temps en temps.. je ne dis pas non. C’est pour cela que les petits moments de répit que j’ai, c’est souvent que je les prends. Parce qu’ils sont précieux.

Être multitâche, c’est pas facile mais en plus c’est souvent sur votre dos qu’on va s’en servir. Je veux dire, je ne suis pas multitâche. Je fais au fur et a mesure mais je fais vite, parce que je ne me concentre que sur une tâche en même temps. Je pense que moi, c’est mon secret. Mais de plus en plus, comme je donne l’illusion de savoir faire plusieurs choses en même temps, on m’en donne toujours plus. Grave erreur de ma part, ou faute du système ?

7 commentaires

  1. Je suis absolument d’accord avec ton article et ton point de vue. J’ai l’impression qu’on utilise multitâche comme quelque chose de positif (le fameux : impossible de s’ennuyer) alors qu’en réalité c’est qu’on diminue les budgets et les effectifs. Donc forcément on fait tout moyen ou très lentement, mais c’est de ta faute si tu n’arrives pas à comprendre le formulaire qui demande BAC +5 en droit alors que tu as fait maths, il faut être multitâche ! On te fait culpabiliser et tu te retrouves à bosser des heures gratos en plus en dehors de ton domaine …

    Aimé par 2 personnes

  2. C’est pour ça que, pour ma part, j’ai dit stop aux heures gratuites parce que j’ai trop de trucs à faire. Soit on augmente les effectifs, soit ça attendra ! Mais je comprends que c’est pas toujours facile de se positionner comme ça, bien malheureusement

    Aimé par 1 personne

  3. ah être multitâche, c’est un peu le drame de ma vie pro !
    j’ai commis l’erreur de montrer, dès mon arrivée dans l’entreprise et pour être sûre de décrocher mon CDI, que j’étais pas mal débrouillarde, notamment avec les logiciels qu’on utilise. Je n’aurais pas dû ! Depuis c’est « oh ben Skyler elle sait fait, elle fera à ta place ! » ou « Skyler je sais pas comment on fait ça, tu le feras ? » ou encore « Skyler tu montreras à Trucmuche comment on fait ça et ça ? »… Et, pendant que toi, la polyvalente débrouillarde, tu jongles avec, comme tu le dis, tes oranges, d’autres passent leur temps à papoter, prêt à jouer les débordés ou à sortir leur fameuse excuse « je sais pas faire donc je fais pas » au cas où quelqu’un les surprendrait…

    Aimé par 1 personne

  4. C’est vrai que c’est un peu ridicule, ça donne vraiment pas envie de se prendre la tête à essayer de comprendre. J’ai du mal à dire non aussi donc forcément j’essaye d’aider au maximum de ce que je peux mais bon au bout d’un moment c’est agréable quand tout le monde y met du sien. Ce qui est pas le cas chez moi et chez toi, je te l’ai dit je crois mais j’admire que tu tiennes encore le coup… Force à toi !

    Aimé par 1 personne

  5. C’est le système dit de « production ». Par ce terme il faut évidemment entre production capitaliste, à savoir que le salaire rémunère une force de travail, une capacité à se soumettre à l’ordre et à l’organisation. J’ai écouté cette semaine les émissions sur France Culture à propos de Marx et Engels, deux immigrés allemands en Angleterre à l’époque de l’émergence du capitalisme industriel et de la production industrielle.
    Les anglais, marchands d’esclaves ont investi ce qu’ils gagnaient comme fortunes à ne plus savoir quoi faire de leur argent, ils ont investi dans la transposition de l’esclavage humain à une échelle industrielle suite à l’invention de la machine à vapeur et de la mécanisation (charbon, textile, etc. L’idée étant de faire de chaque individu un esclave à vie, de sa naissance à sa mort. Les anglais n’y suffisant plus, ils ont importé de la main d’oeuvre (Irlande, Allemagne, etc. La production étant telle que les débouchés pour la vendre était insuffisants. Ils ont alors obligé l’Inde, une de leurs colonies à acheter toute cette surproduction totalement inutile pour enrichir des marchands comme la famille d’Engels, ami de Marx qui a trouvé là, lui en tant qu’ouvrier une source de financements pour rédiger ses ouvrages, car Marx n’était qu’un ouvrier, intellectuel, certes, mais du bas de l’échelle sociale…. Le multitâche est arrivé plus tard avec l’application par Ford des méthodes japonaises de la division du travail (Kaizen, etc.) et des processus qualité…..
    Charlie Chaplin a montré cela mieux que quiconque!!!

    J’aime

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s