Vous reprendrez bien une couche de radotage de Céline ? [#humeur]

Photo by Ben Wicks on Unsplash

Réaction à chaud de deux discutions que j’ai eu avec deux personnes radicalement opposées.

Première discussion : avec un technicien, au téléphone.

Parce que je suis curieuse, je lui demande où est-ce qu’il a acheté son appartement et on commence à discuter de cela. Il ma dit qu’il a prit un T3, pour les enfants etc. Je lui dit que je ne veux pas d’enfants et on embringue là-dessus. Comme souvent, j’ai le droit au couplet de « tu vas changer d’avis, moi aussi je disais ça quand j’étais jeune… » Et il me sort « c’est sur que c’est déjà un deuxième travail ». Naturellement, j’ai sorti « mais j’ai déjà un deuxième travail, j’ai pas le temps pour un enfant, encore moins plusieurs ». Le tech me sort « mais c’est quoi ton deuxième travail ». Je me mords la lèvre. Je n’ai dit à aucune technicien que j’écrivais, la littérature, ce n’est pas tellement leur truc, je pense – je peux me tromper – et ce n’est pas un technicien avec qui j’ai une attache particulière ou avec qui je m’entends particulièrement bien. Mais j’ai commencé, je me dois de finir. Je réponds « j’écrit des livres, pas publiés, hein, mais j’écris des livres ». « Mais non… » Bah si, pourquoi je mentirai et on part là-dessus du coup.

Ce que je lui explique c’est que ma passion de l’écriture me prend du temps, du temps que je veux bien lui accorder, ça c’est certain. Et que je ne veux pas sacrifier ce temps pour m’occuper d’un enfant, encore moins quand on connait mon aversion pour ces derniers.

Deuxième discussion : avec une twitcheuse de 26 ans

C’était le premier live que je suivais de cette fille qui fait de l’art et je ne sais actuellement pas si j’y retournerai. Elle parlait que son copain vient de la larguer et qu’elle est seule et qu’elle allait pas bien. Bon, je peux comprendre. Et la discussion a embrayé sur les enfants. Pourquoi ? Parce qu’elle se met la pression pour en avoir jeune, genre dans pas longtemps. Et cette discussion – qui n’était pas qu’avec moi mais avec tout le chat – elle m’a mise mal à l’aise. En regardant cette jeune femme, du haut de mes 30 balais, je me suis sentie mal. Je me suis revue, à 26 ans, avec ces mots dans la bouche, de me dire qu’il fallait que je trouve quelqu’un, que je voulais avoir un copain, que je voulais des enfants. Parce que je n’avais pas encore déconstruit tout ce que la société nous impose ou alors pas encore consciemment.

Et j’ai voulu dire qu’elle se mettait pas la pression. Que c’était la société le problème. Mais je n’ai pas osé. Elle nous a aussi parlé du fait qu’elle avait avorté quand elle avait 16 ans et qu’elle se demandait parfois si elle n’avait pas gâché sa seule chance d’avoir un enfant. Et ça m’a broyé le cœur. Je me suis sentie mal pour cette fille qui se fait du mal alors que tout ce qu’elle croit c’est la société qui lui dit. Je me trompe peut-être. Peut-être que c’est sa réelle construction et ses réels choix. Mais ils ressemblent quand même drôlement à ceux de notre société.

Tout ça pour quoi ? J’ai de plus en plus l’impression d’être une exception. Une femme qui ne veut pas d’enfants à 30 ans, ce n’est toujours pas normal. Mais qu’est-ce que c’est que la normale, merde ? Des fois, je ne vais pas mentir, j’ai envie d’en pleurer parce que, même si la plupart du temps, ça ne me touche pas, des fois, ça perce ma carapace et je me sens nulle. Je me sens pas normale et ça me pèse. La plupart du temps, ça va. Mais hier, je suis allée me coucher avec une boule au ventre, une boule de « t’es pas normale ». Une boule que je n’ai qu’en quelques occasions. J’aimerais ne plus l’avoir, jamais. Mais est-ce que c’est possible ? Sans doute avec le temps.

Et non, je ne veux toujours pas d’enfants. Et oui, j’ai trente ans. Et vous voulez que je vous dise ? Aujourd’hui, après une nuit agitée et en ayant remis mes idées dans l’ordre, ça me parait tout à fait normal.

6 commentaires

  1. Chacun-chacune est libre de ses choix de vie, ne t’en fais pas pour la société, car ce n’est pas elle qui élèverait tes enfants… Moi, j’en ai cinq, j’ai mis ma vie entre parenthèses pendant un quart de siècle, mais je ne regrette rien, j’assume. Mais la société, mine de rien, me reproche d’avoir eu autant d’enfants… Ne change rien, amitiés

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  2. Il y a des femmes comme toi qui ne veulent pas d’enfants et c’est très bien, d’autres qui en veulent absolument et qui vivent mal le fait de ne pas en avoir. Elles peuvent avoir prévu des étapes de leur vie et cette séparation « casse » son projet. La société a un impact mais pas toujours. Toi tu ne veux pas d’enfants et tu le dis, mais elle peut-être qu’elle en veut depuis toujours et ne l’a jamais dit 🤷🏼‍♀️ bien sûr il y a du chagrin dans ses paroles, ça fait mal mais ça ne change en rien que tu sois normale de ne pas en vouloir et elle d’en vouloir 🙂 Il n’y a pas de normalité, si ce n’est celle de s’écouter et de faire comme chacun le ressent.

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  3. L’article était trop bien écrit, et c’est normal, il n’y a pas à avoir honte, quoi qu’il en soit. Je suis absolument d’ac avec @La cueillette d’une roussette
    bisous sur toi, tes articles sont super !

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  4. Tu es libre Céline. Avoir des enfants a été pour moi un bouleversement déterminant.
    Mais si je n’en n’avais pas eu? J’aurais milité, je me serai investie autrement, j’aurais avancé différemment. J’aurais construit d’autres choses, je me serais découverte autrement.
    Ne pas avoir d’enfants ne m’aurait pas empêché d’être moi.

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