Inspiration écriture #2

Il ne voulait pas sortir cette nuit-là mais…

Il n’avait pas le choix. Finn Harper devait aller chercher sa fille. Il l’avait laissé à sa mère le matin mais il ne voulait pas qu’Helen garde Lola toute la nuit. Helen était peut-être sobre depuis plusieurs mois, cela ne l’empêcherait pas de resombrer à tout moment. Hors de question que sa fille de quatre ans soit témoin de cela.

Tout en conduisant dans les rues vides de Paris, il écoutait un Podcast sur des papas formidables. Ce n’était pas une idée, il le savait. Il avait tendance à se comparer avec ces papas qui sont bien dans leur peau et qui arrivent à avoir une vie à côté et faire plein de chose dans la journée. Il savait qu’il n’était pas un mauvais père pour Lola – surtout quand on voyait sa mère – mais il avait peur de ne pas être très à la hauteur. Il était à fond dans son travail et avait du mal à s’occuper pleinement de sa fille. Aujourd’hui, il n’avait pas pu faire autrement que de laisser Lola aller chez Helen. La fillette n’avait pas bronché, disant uniquement « à ce soir » à son père.

En tournant dans la rue d’Helen, une sensation de déjà vu le prit au corps. Un souvenir prenant datant d’il y a deux ans, quand Helen, ivre, avait commencé à faire du bruit alors qu’il était presque 22h. C’est surtout Finn que l’on avait réveillé vers 23h pour qu’il vienne chercher sa fille, sa mère étant en dégrisement. Et c’était alors qu’avait commencé la bataille pour la garde exclusive de Lola. Bataille qu’il avait gagné. Helen avait fini par comprendre qu’elle devait se remettre en selle si elle voulait revoir sa fille. Elle l’avait fait. Le juge avait été saisi il y a quelques semaines et avait autorisé Helen a voir sa fille sans supervision uniquement une journée par mois.

Il se gara, rejetant tous les problèmes qu’il ne voulait pas faire subir (plus) à Lola. Il frappa. Personne. Encore. Personne. En appuyant sur la poignée, la porte s’ouvrit d’elle-même. Il entra. Il n’y avait plus rien. Il fit rapidement la tour des pièces. Rien. Sur le bar, dans la cuisine, il y avait les jetons des alcooliques anonymes qu’elle avait gagné au cours des derniers mois et une lettre qui lisait :

Je suis désolée, Finn. Tu es un bon père. Mais j’ai plus besoin de Lola que toi. Nous sommes loin maintenant. Très loin. Ne nous cherche pas. Je sais que tu le feras. Mais tu ne nous trouveras pas. Lola t’aime. Elle t’aimera toujours.

Devant l’évidence, il tombe à genoux sur le sol et hurla à la mort. Il savait qu’il n’aurait pas du confier Lola à Helen. Il bougea la main pour attraper son portable, prévenir la police. Mais il connaissait un peu Helen, maintenant. Elle était loin. Pourquoi mettre la police dans l’affaire ? Pour qu’il soit surveillé ? Il n’en avait aucune envie. Alors, il prit la lettre, sortit en fermant la porte et se rendit à sa voiture.

Une fois passé chez lui, il retourna dans la voiture pleine à craquer et démarra. Helen ne pouvait pas le priver de sa fille. Elle voulait jouer à cache-cache ? Elle allait perdre.

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