La particularité du huitième

J’ai fini mon huitième manuscrit le 09 mai 2021. Je n’ai pas eu de réaction. Ouais, j’avais un sourire de débile, mais plus j’ai pensé à ce que je ressentais, moins j’ai trouvé que j’avais des émotions.

Pour les sept précédents, j’avais eu de la joie, j’avais pleuré pour certains, j’étais « libérée » pour d’autres et ça avait duré plusieurs jours. J’avais eu des émotions parfois contradictoires pendant des jours.

En général, ce que je fais pour tous mes manuscrits, dès que je l’ai fini, c’est que je vais l’imprimer, un peu comme pour sceller le fait qu’il est fini (pour l’instant) et que c’est bon, je peux passer à autre chose. Et là, je n’ai pas du tout eu envie de le faire. J’ai fermé le document, j’ai eu un petit moment de fierté que j’ai partagé avec mes amies – la fin, toujours – et puis… rien.

Je n’ai pas eu envie d’aller le faire imprimer – même si, sur le moment, je me suis trouvé des excuses financières. C’était comme si je ne voulais pas le voir. Les personnages ne sont pas restés avec moi. Dès que j’ai arrêté d’écrire, c’est comme si les personnages étaient morts. Pas très gai.

J’ai eu cette impression et je me suis dit « laisse couler, on va voir ce que ça donne ». Aujourd’hui, cela fait plus d’un mois et demie que j’ai terminé ce roman. Et j’ai compris pourquoi je n’y pensais plus, pourquoi je ne voulais pas le voir. Enfin, je pense. Je crois que je n’en suis pas fière. Je suis fière de l’avoir terminé, ça oui, mais je sais déjà qu’un travail de taré m’attend à la réécriture parce que je ne suis pas fière de ce que j’ai fait. Je sais déjà que le roman a des failles, qu’il aurait pu être largement mieux que ce que j’en ai fait. Et ça me frustre un peu de me dire « bah ouais, t’en a finis un mais va falloir tout reprendre ». Quand je n’avais pas encore commencé à réécrire, je n’avais pas ce regard là. Est-ce cela, grandir en tant qu’auteur ?

Bon, ça n’enlève pas que cette idée me tournait autour et je suis contente de l’avoir écrite. Le produit final n’est pas parfait mais je suis contente de l’avoir finie. Peut-être que j’arrive dans une période de ma vie d’autrice où je n’arrive plus à apprécier la fin du premier jet et cette sensation de félicité qui l’accompagne.

Je pense que c’était spécifique à ce projet. En tout cas, je l’espère.

Update : J’ai eu le même problème avec le dixième. Alors je suis actuellement en plein réflexion sur mon rapport à l’écriture et sur si j’ai envie de continuer parce que je n’ai aucune envie d’écrire depuis… le 20 mars.

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