NaNo Prompts 2022 – Jour 23

Cela commença par le centre pour continuer vers lui. C’était comme si, chaque seconde, un lampadaire s’éteignait. Puis la seconde suivante, les lumières dans les foyers commençaient à s’éteindre. Bientôt, plus rien dans le centre, le cœur névralgique de la ville. Et ça s’étendait, comme une infection que l’on ne soigne pas.

Zack regardait l’infection arriver vers lui, l’attendait même. Il étai l’un des rares à connaître précisément ce qu’il restait comme pouvoir dans la vieille centrale nucléaire qui alimentait la ville depuis toujours. Plus grand-chose. A dire vrai, depuis qu’elle s’était effondrée, en 2030, la centrale avait continuer à produire de l’électricité. Les noyaux fissurés avaient été couverts par d’énorme cercueils en béton mais, en dessous, il y avait encore de l’énergie. A partir du moment où les gouvernement avait trouvé comment changer une catastrophe en bienfait pour l’humanité, la donne avait été changé. Cela n’avait pas réglé le problème du climat – de toute façon, en 2030, c’était trop tard depuis longtemps. Zack était fasciné par ces années qui semblaient si lointaines. Et elles l’étaient. Il ne comprenait pas pourquoi les anciens avaient choisi de diviser les années en douze mois. Une façon arbitraire de compter, sans doute. Pourquoi tous les mois n’avaient-ils pas le même nombre de jours ? Tant de questions qui n’avaient pas de réponse. Qui pourrait lui répondre, tout le monde de ce temps étaient morts depuis plus de deux milles ans.

Sa rue commençait à être infectée. Il regarda la lumière de son entrée clignoter puis s’éteindre. Son frigo émit un bruit plaintif puis s’éteint dans le plus grand des calmes. Calme. Voilà ce qu’il était en tain de se passer. Pour la première fois depuis des années et des années, le calme s’abattait sur leur ville mais aussi, sans doute, sur le monde. Zack était chercheur en nucléaire et novelles technologies. Il était connu et reconnu à l’échelle mondiale et jouissait, à ce titre, d’une place particulière dans la société. Depuis vingt ans, les enjeux de trouver comment faire de l’énergie à grand échelle était la préoccupation principale des dirigeants mondiaux. Avec la montée des eaux et le fait que rien ne pouvait l’arrêter, le vent n’était plus l’allié de l’homme comme il l’avait été dans les premiers temps suivants le premier effondrement. Maintenant, quatre-vingt-dix pour cent de la terre n’était qu’océan.

Zack avait choisi, au début de sa vie adulte, quand il avait engrangé assez d’argent pour s’acheter une maison, de vivre en plein centre de l’Europe. Protégé par la montée des eaux parce qu’elles étaient loin, il vivait aussi dans une ville qui était sur une colline, ce qui la protégeait d’autant plus. Il entra dans sa maison et sentit tout de suite le silence, pesant. Il alluma son téléphone. Plus que deux heures et lui non plus, ne fonctionnerait plus. Rien dans leur monde n’était fait pour durer. Mais cela, le Monde le savait depuis le début des années 2000. Chercheur, Zack se passionnait pour cette décennie qui avait connu la naissance d’internet, des téléphones portables, des réseaux sociaux, sans se rendre compte de la boîte de Pandore qu’ils avaient ainsi ouvert. Il avait eu le droit de voir des archives de personnes, qui vivaient leur vie normalement, qui se réjouissait de la sortie de l’Iphone 10 comme si c’était le nec plus ultra de la technologie. Le pire, c’était que, pour l’époque, ça l’était.

Récemment, Zack avait réussi à réactiver, pour lui uniquement, un vieux site internet qui n’existait plus depuis au moins les années 3000 : Youtube. Une plateforme de vidéos qui semblaient infinies et qui parlait de tout. Il avait entré beaucoup de question dans la barre de recherches, pointues ou pas, et toutes avaient trouvé une réponse. Il avait trouvé cela fascinant. Comment un seul site pouvait donner réponse à tout ? Avec le temps qu’il passait dessus, ses recherches avaient un peu souffert, mais finalement, il alimentait sa seconde thèse. Il était hercheur en nucléaire, attendu quant à trouver une solution au problème d’énergie, oui. Mais, à coté, il avait une seconde spécialité qui était l’étude des individus et de l’évolution de la vie depuis le début des années 2000. Il avait commencé ses recherches en parallèle des autres et avait réussi à trouver un équilibre plutôt sain entre les deux. Étant haut placé dans la société, il avait accès aux pilules vertes. Les pilules vertes permettaient de rester éveillé, sans pour autant être fatigué. Depuis dix ans maintenant, il ne dormait pas. La journée, il travaillait sur le nucléaire, la nuit sur son autre passion.

Mais là, Zack savait qu’il allait être appelé pour pallier le problème. Le monde ne peut pas vivre sans électricité. Il regarda son téléphone et décida de prendre les devants. Il appela son chef.

_ Zackary, qu’est-ce qu’il se passe ?

_ Vous avez regardé dehors récemment ?

Il y eut un grognement au bout du fil. Il entendu du raffut puis une porte fenêtre qui s’ouvre et enfin un sursaut de terreur. Il n’était pas vingt-et-une heure et il dormait déjà ? Il était pourtant comme Zack – du moins se dernier le croyait – et prenait des pilule vertes, non ?

_ Non, je n’avais pas vu. Nous verrons ça demain, en réunion.

_ Je doute que le labo ouvre, chef. Nous n’avons plus d’électricité.

Comme pour ponctuer sa remarque, Zack ouvrit son frigo dans lequel il n’y avait aucune lumière. Il aurait bien cuisiné, mais avec quelle électricité ? S’il s’attendait à cela, il n’avait certainement pas prévu toutes les conséquences que la perte d’électricité entraînerait. Plus d’eau chaude, non plus, pensa-t-il, amer.

_ Pas de soucis. On se voit, demain, Zack. Bonne nuit.

Zack entendit le bruit de fin de conversation et soupira. Demain, son téléphone ne serait plus performant. Demain, peut-être que lui non plus. Il avala une pilule avec un verre d’eau et se descendit dans sa cave. Machinalement, il appuya sur l’interrupteur mais rien ne se passa. Bien sûr. Comment allait-il pouvoir faire ses recherches sans lumière ? Il soupira, il aurait du y penser avant. Il remonta, attrapa une boite qu’il connaissait par cœur et descendit à la cave. Il alluma une bougie et se plongea dans les livres qu’il avait prit à la bibliothèque. Il se fit la réflexion stupide qu’il n’aurait sans doute pas besoin de les rendre. Tout était informatisé, parfois sur informatisé. Pour une fois que cela tournait en sa faveur.

A deux heures du matin, il eut soudain envie d’un snack. Alors qu’il remontait dans sa cuisine, il vit un homme là, en train de manger une glace molle qu’il avait prise dans le congélateur de Zack.

_ Je peux vous aider ?

_ Je peux dormir là ?

Zack hocha la têt, prit un paquet de chips dans son placard et dit à l’homme qui s’allongeait déjà.

_ Vous pouvez rester. Mais soyez au moins sympathique, ne mangez pas tout. Laissez en pour les autres.

La maison de Zack était grande, on pouvait aisément comprendre qu’il avait beaucoup d’argent. Avait, c’était bien le terme. Avec la coupure sans doute généralisée ou du moins bientôt généralisée d’électricité, ce serait le chaos. Les sans domicile fixe viendraient dans les maisons. Zack l’avait compris dès qu’il avait vu le centre complètement dans le noir. A partir de maintenant, plus rien ne comptait sauf la survie. Le monde, sans électricité, allait revenir dans un état primaire que personne au monde, actuellement, n’était capable de comprendre. Pas même lui. Il avait beau être humble, il ne pouvait, pas plus que tout le monde dans son cercle proche, se passer de téléphone, de télévision, de système de domotique… Avec l’évolution ultra rapide des nouvelles technologies dans les années 2000, l’homme y avait développé une addiction. Ceux qui avaient résisté s’en était mieux sorti, lors du premier effondrement. Le premier. Le plus petit. Pas tant de dégâts que ça : crash boursier, grèves en série, manque de personnel dans les usines. Les gouvernements avaient, alors, réagi « correctement » : tout le nécessaire pour vivre avait été revu à la baisse. Le coût de la vie avait drastiquement chuté, ce qui avait permis à presque tout le monde de s’y retrouver. Le pire, ça avait été le second. Vingt ans après le premier. Mais c’était là, la fin de l’ère moderne. Il n’y avait plus de retour en arrière. C’était déjà, là, chacun pour sa pomme.

Zack avait trouvé un livre qui parlait de ce second effondrement. Un seul. Et il savait qu’il avait de la chance d’avoir trouvé une édition car ce lire n’existait qu’en quelques exemplaires. Zack avait été ravi de voir qu’il était, en quelques sorte élu, pour avoir ce droit là. Ça c’était les rares fois où Zack pesait plus de lui-même que ce qu’il était en réalité. En réalité, il était juste un type banale qui avait réussi a faire continuer la distribution d’énergie de la centrale de cinq ans en plus par rapport à ce qui était prévu. Son chef l’avait érigé en dieu. Sauf que non, pas du tout. Il n’était pas Dieu et était bien loin de l’être. Il était juste un type qui avait un peu de jugeote et qui s’était dit, un matin « tiens, si on fait comme ça, on gagne cinq ans ».

Alors qu’il était plongée dans ses pensées, au lieu d’être dans son livre, il senti son téléphone vibrer dans sa poche. Tiens, il aurait sans doute dit qu’il n’avait plus de batterie à cette heure-là. Jill ?

_ Allô ?

_ Je sais que je suis la dernière personne à qui tu as envie de parle, Zack. J’i besoin de toi. Je suis sur les docks. J’ai des soucis. J’ai besoin que tu viennes m’aider. Je…

_ Jill ?

_ Zack, s’il te plaît. Je sais, je sais que ce que je t’ai fait est horrible mais là, je crois vraiment que je vais y passer. Zack, s’il te plaît…

Zack soupira. Il allait lui dire de mettre son mélodrame de côté mais il entendit un bruit sourd puis plus rien. Quand il regarda son téléphone, il n’y avait plus rien. Plus de batterie. Merde. Et Jill, pour l’appelait-elle lui ? Aujourd’hui, qui plus était ? Était-il le seul dont elle connaissait le numéro par cœur ? Possible. Probable, même. Qui apprenait encore des numéros, ces temps derniers ?

Aux premières lueurs de l’aube alors qu’il était sur sa terrasse à boire un thé froid, Zack vit, au loin, les docks se dessiner. Situés de l’autre côté de la ville, c’était connu pour être un quartier mal famé. Rien à voir avec des docks de bateaux. Mais tout le monde avait gardé ce nom pour la quartier alors c’était resté. Il avait beau en vouloir à mort à Jill, il fallait qu’il sache si elle allait bien. Il soupira en soufflant machinalement sur son thé. Ah, non, il n’était toujours pas chaud.

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