L’ex ….

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Image : Photo by Kelly Sikkema on Unsplash

Après Le plus gros connard et Le plus long, il est temps de raconter l’histoire de mon ex. Il est grand temps pour moi que je pose tout cela par des mots, pour éviter de ressasser (ma grande passion) et pour l’avoir quelque part et surtout hors de ma tête. Non pas que j’y pense tous les jours, non. Cela fait bien longtemps que j’ai arrêté d’y penser tous les jours. Mais parfois, j’y pense. Et ça me rend agacée, et perturbée et je sais que j’ai déjà écrit cette histoire. Mais je l’ai perdue, plus d’une fois. Et j’ai envie de l’écrire encore, pour me rendre compte.

 

L’année où je suis partie en Angleterre, je me suis inscrite pour la première fois sur Badoo. Ma meilleure amie venait de se mettre en couple et j’étais sans doute un peu jalouse et je voulais rencontrer quelqu’un. Mais je n’avais jamais connu que mon premier et je ne savais pas du tout comment m’y prendre. Alors direction Badoo. Je sais maintenant que c’était une mauvaise idée mais à l’époque, je n’en savais rien. Après beaucoup de « hey tu veux voir ma bite », je tombe sur un mec qui avait l’air gentil, avec qui je discutais bien, qui avait compris que j’étais à l’étranger – oui parce que j’avais beau l’avoir mis dans ma description, les queutards ne comprenaient pas ou proposaient ce que l’on peut imaginer. On ne discutait pas forcément tous les jours mais j’apprenais à le connaitre et il était gentil, il était drôle, il était…. il était bien. Il me paraissait bien en tout cas.

On parle pendant un petit mois puis je reviens en France avec mes parents pour le week-end de Pâques. Je le préviens et on discute de plus en plus, on Skype, échange les numéros de téléphone. On convient d’un rendez-vous en ville et je lui propose d’aller chez lui (c’était mon premier rendez-vous badoo) pour faire des cookies – oui, j’étais très naïve. On va chez lui. On fait des cookies mais manque d’ingrédients ça finit mal. Et on se pose sur son canapé et on discute. Il essaye de m’embrasser mais je ne peux pas. Je n’arrive pas…. Et puis je me laisse aller et on s’embrasse sur son canapé. Je reste tard, je mens à mes parents sur mon emploi du temps et je passe une super soirée – sans que rien de concret ne se passe. Je rentre chez moi, secouée, chamboulée et prévoyant de le revoir le lendemain.

Le lendemain, je le revois, je révèle à ma mère que je vois quelqu’un et je passe une très bonne après-midi. On s’embrasse, on se tient, on se serre, on parle, on discute, on se connait. Tout se passe bien. Mais je dois repartir. Je dois retourner en Angleterre. On reste en contact pendant un temps et puis plus rien. Plus de nouvelles, plus rien. Mais je me dis que bon, il doit être occupé. Pendant près d’un mois, on ne se parle pas après un contact presque quotidien, ça fait bizarre.

Quand je rentre en France, une des premières choses que je fais, c’est lui envoyer un message et il répond ne me disant qu’il a eu des problèmes de téléphone etc… Bref, on recommence à parler et dès que je reviens chez moi, le surlendemain, je le vois, on se retrouve. On s’embrasse, on discute. Il me dit qu’il m’aime mais je ne peux pas le lui rendre. C’est trop dur pour moi. On continue de se voir et je passe le week-end chez lui et… on devient intime et on se lâche pas et moi, je lâche… Je t’aime. C’est intense et on vit des moments parfaits (en tout cas, ils étaient parfaits à mes yeux quand je les vivais). On passe trois semaines comme cela, on  se voit pas tous les jours, mais on se voit assez souvent pour que les sentiments soient de plus en plus forts.

Puis vient la fin du mois de juin. On décide de partir un week-end prolongé à la mer. Cool. Dans le covoiturage qui nous y emmène, j’entends des propos déplacés que je ne relève que partiellement, ne voulant pas me prendre la tête avec ça. On arrive, on se pose et on se trouve bien. Le second jour, on reste ensemble. La troisième jour, on se déplace et on se ballade. J’essaye de lui faire part de mon ressenti, sur les gens, la foule, que je ne supporte pas toujours. Le regard des gens que je n’arrive pas à oublier, dont je n’arrive pas à me détacher. Parce que je trouvais cela important. Parce que je voulais qu’il me comprenne. Et il me dit que je suis paranoïaque. Je finis par pleurer parce que … parce que je … parce qu’il me sort le même discours que ma mère, parce qu’il ne veut pas comprendre, parce qu’il ne peut pas comprendre. Il finit par s’excuser mais… quelque chose se brise en moi, sans que je m’en rende vraiment compte. Le reste de la journée se passe bien. Une fois de retour à l’appartement, on se retrouve et le lendemain, on se prépare et on rentre. En attendant le covoiturage, on prend un verre dans un café dans lequel je suis mal à l’aise. Et il me redit que je suis paranoïaque, que personne ne me regarde. Je me souviens précisément, d’être allée dans les toilettes et d’avoir pleuré. C’était sans doute un coup de poignard en plus dont je ne me rendais pas vraiment compte, amoureuse que j’étais.

Le lendemain, il m’envoie ce texto que je ne comprends pas. Ce texto qui me dit que c’est fini. Ce texto qui me dit que c’est fini. Ce texto qui me dit qu’il a parlé de la « situation » à ses proches et que c’est mieux qu’on arrête là. Ce texto que je n’ai pas vu de suite, parce que je ne pensais pas qu’il me ferait ça. Il m’avait promis de ne pas briser mon cœur. Chose que j’ai omise : il avait un problème de vue, en gros, il était mal voyant. Et pendant notre week-end « away »‘ il m’avait demandé si c’était un problème. Je lui avais répondu sincèrement que je n’en savais rien, que je ne pensais pas être le genre de personne à faire attention à cela mais que je ne pouvais rien lui assurer. Et je suis presque certaine que c’est cela qui lui a foutu la frousse et qu’au lieu de m’en parler, il a préféré m’envoie un texto minable pour me dire adieu. Je lui ai demandé par texto de s’expliquer mais il s’est emporté en disant qu’il ne me devait rien, qu’on arrêtait là. Et quand j’ai essayé de l’appeler, il m’a bloquée. Pour rappel, j’avais 23 ans et il en avait 25. Mature ? Oui….

La pillule a eu du mal a passer, je vous l’avoue. Donner son cœur comme ça et se prendre une grosse claque dans la gueule, sans explications… Donc période un peu nulle. J’ai quand même réussi à ce qu’il me rembourse une partie des frais de ce fameux week-end que j’avais en grande partie payé. Mais pas en face, hein, faut pas déconner. Non non, il a envoyé une lettre postale. Un lâche.

En novembre, il passe sur mon profil Adopte (à l’époque) et je deviens folle. Je l’insulte, parce qu’il n’a pas le droit de faire ça, il n’a pas le droit de me faire ça. Quand il me dit « ton profil est public » j’ai rétorqué « t’as décidé de ne plus me voir, il n’est pas public pour toi » – le « connard » était impliqué. Se passent quelques temps. De temps en temps, je vois son profil apparaître dans mes visites et j’en profite pour lui balancer des piques. Puis j’arrête. Parce que ça ne sert à rien.

Et je me souviens très bien que c’était un soir de juin 2015, j’étais en pleines révisions pour mon CAPES et je faisais une pause. Je vois son profil et je décide de lui envoyer un message pour lui expliquer à quel point ça fait mal de le voir, ça fait toujours aussi mal, un après de voir son visage, cet homme qui, je pense, a conditionné la suite de ma vie sexuelle active, cet homme qui m’a fait perdre foi en les hommes, cet homme à qui j’ai donné ce que j’avais de plus précieux à donner (ma confiance et mon amour) et qui l’a explosé contre un mur, sans même se poser de questions. Et là, il a tenu à s’expliquer. Oui, à s’expliquer, un an après. Il m’a dit que mon côté « casanier » lui avait fait peur, parce qu’il avait besoin de faire des choses avec moi. Qu’il avait peur de ce côté « regard des autres », aussi. Qu’il m’avait vraiment aimé. Et je me souviens qu’en lisant tout cela, je n’ai rien ressenti sinon de la pitié. Et j’ai rétorqué que s’il était là pour purifier sa conscience ou pour un pardon, qu’il pouvait aller se faire voir. Qu’il resterait à jamais ce connard qui m’a largué par texto, quoi qu’il fasse, quoi qu’il dise. Qu’il avait, pour toujours, cassé une partie de moi et que ça, je ne lui pardonnerai jamais.

Et c’était fini.

 

Je n’ai plus jamais entendu parler de lui. Il n’est plus jamais passé sur mon profil. J’avoue que j’ai regardé son profil facebook une fois ou deux et je sais qu’il a un enfant maintenant. Mais cela ne m’a rien apporté. Parce que plus jamais je ne veux entendre parler de lui. Plus jamais il ne pourra faire partie de ma vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4 commentaires

  1. Je pense que le fait de l’avoir écrit va te permettre de passer à autre chose et j’espère que tout ça est derrière toi. Tous les mecs ne sont pas comme ça, il y en a des biens. Bises

    Aimé par 1 personne

  2. Ha Oui, ils prennent quand même beaucoup de place, chacun d’eux et tous mis en tas!!!

    Je n’ai jamais connu ni vécu telles situations mais bon, je sais pourquoi aussi, hein,
    C’est assez édifiant, cette répétition de faits et ce fait en particulier de penser « aimer »… jusqu’à le vivre avec de tels abrutis (je n’ai pas d’autres mots). Il n’existe pas de décodeurs….? Peut-être à mettre en lien avec la musique (genre)que tu écoutes : https://www.youtube.com/watch?v=xih8aiacRSk
    J’en ai vécu, quand même, des ruptures, mais tant sur les causes que sur la forme et les effets, non, quand même, là, c’est du lourd!

    Aimé par 1 personne

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